Si le nombre de salariés de moins de 21 ans bondit de près de 20 %, la fuite des talents après quelques années d’activité maintient les écuries sous tension.
Véritable baromètre de l’emploi des courses hippiques en France, la 19e édition de l’Observatoire Social de l’AFASEC (basée sur les données de l’année écoulée) révèle un paradoxe historique. Après une décennie de recul, les métiers du trot et du galop opèrent une spectaculaire reconquête des nouvelles générations : le nombre de recrues de moins de 21 ans progresse de +16 % au trot et de +21,6 % au galop.
Pourtant, cette attractivité retrouvée se heurte à une réalité critique : un taux de départ élevé des jeunes professionnels après leurs premières années d’écurie, alors même que 70 % des entraîneurs souffrent d’un manque cruel de personnel.
Une attractivité retrouvée auprès des jeunes générations, signal encourageant pour la filière course
Avec 2 313 salariés au galop et 1 314 au trot, les effectifs poursuivent leur recul (-1,5 % au galop et -5,9 % au trot), mais le bilan est plus nuancé lorsqu’on observe les générations qui arrivent dans le métier.
Les salariés de moins de 21 ans enregistrent une hausse de 16 % au trot et de 21,6 % au galop en un an. Cette progression rompt avec une décennie de baisse de cette tranche d’âge et traduit un regain d’attractivité des métiers auprès des nouvelles générations.
Autre indicateur révélateur : 51,8 % des salariés ont désormais moins de 30 ans, tandis que plus d’un tiers des effectifs a moins de 25 ans (34,8 % au trot et 34,2 % au galop). Des chiffres qui témoignent d’un renouvellement progressif des générations au sein des écuries.
Le recrutement progresse, la fidélisation reste le principal point de vigilance
Si la filière attire davantage de jeunes, leur maintien dans l’emploi demeure fragile. L’Observatoire met en évidence une baisse de 12,6 % des salariés de 21 à 25 ans au trot et de 4,8 % au galop en seulement un an. La tendance se poursuit ensuite chez les 26-30 ans (-8,3 % au galop) et les 31-35 ans (-14,3 % au trot et -6,4 % au galop).
Ces ruptures interviennent au moment où les salariés acquièrent leurs premières années d’expérience et deviennent essentiels au fonctionnement des écuries. Elles rappellent que le défi de la filière ne réside plus uniquement dans sa capacité à recruter, mais également à accompagner les parcours professionnels dans la durée.
Au-delà du renouvellement générationnel, l’Observatoire confirme une évolution de fond engagée depuis plusieurs années : la féminisation des métiers.
Les femmes représentent aujourd’hui 41,1 % des salariés, contre 33,5 % en 2016. En dix ans, leur présence a progressé de 10 %, alors même que les effectifs salariés ont diminué de 10,2 %. La part des femmes jockeys salariées fait un bond, atteignant 27,1 % en 2025 contre 21,3 % en 2024.
Cette dynamique est particulièrement marquée chez les plus jeunes : 52,7 % des salariés de moins de 30 ans sont désormais des femmes, tandis que les effectifs de jeunes femmes de moins de 21 ans progressent nettement en un an (+22,5 % au galop et +10 % au trot).
Un marché de l'emploi sous tension, mais créateur de CDI
L’amélioration de l’attractivité ne suffit pas encore à répondre aux besoins des employeurs. L’Observatoire recense 727 écuries employeuses en France, dont 293 au galop et 434 au trot, ainsi que 2 132 entraîneurs. Malgré une légère stabilité de ces indicateurs, les tensions demeurent importantes : plus de 70 % des entraîneurs estiment ne pas disposer d’effectifs suffisants.
Le marché reste pourtant dynamique. Dans les entreprises d’entraînement, 79 % des recrutements sont réalisés en CDI, confirmant que les employeurs recherchent avant tout des collaborateurs capables de s’inscrire durablement dans les équipes.
Les 5 chiffres clés :
- 3 627 salariés dans les écuries de courses en 2025 (-3,1 % vs 2024)
- +16 % de salariés de moins de 21 ans au trot et +21,6 % au galop
- 41,1 % de femmes dans les écuries, contre 33,5 % en 2016
- 727 écuries employeuses et 2 132 entraîneurs en activité
Plus de 70 % des entraîneurs estiment ne pas disposer d’effectifs suffisants
Face au défi de la rétention, l'AFASEC renforce l'accompagnement et la formation du vivier de demain
L’AFASEC adapte aujourd’hui ses actions à cette nouvelle réalité. Si la formation demeure un levier essentiel, avec 743 élèves et apprentis intégrés à la filière, 84 % d’insertion professionnelle à l’issue des parcours et 91,4 % de réussite aux examens professionnels, l’association renforce également son accompagnement tout au long de la vie professionnelle.
Recrutement, accompagnement RH des employeurs, développement des compétences, amélioration des conditions de travail, services aux salariés, évolution des formations ou encore nouvelles solutions de recrutement : l’objectif est désormais de sécuriser les parcours pour transformer l’attractivité retrouvée en emplois durables.
L’année 2025 illustre cette dynamique avec notamment :
- 83 stages organisés (+45,6 %) ;
- 730 stagiaires formés (+7,8 %) ;
- près de 30 000 heures de formation dispensées ;
- 63 courses-écoles, soit 37 % de plus qu’en 2024.
Tout ceci en tenant compte de la réalité économique de la filière, avec le soutien sans faille de France Galop et du Trotteur Français, dans une logique de création de valeur durable pour les courses hippiques françaises.